... en Arménie
Depuis ce funeste 7 octobre 2023, qui aurait dû être célébré par Israël et les Juifs du monde entier dans la joie, car c'était la fête de Simhat Torah, les regards médiatiques sont tous dirigés vers Israël. Le mouvement terroriste Hamas a perpétré des massacres d'une violence inouïe, tuant 1400 habitants des kibbutzim voisins de la Bande de Gaza, blessant, détruisant, emmenant environ 240 otages. Israel et toute la diaspora juive restent sous le choc de pogroms sur son propre sol, pour la première fois depuis la Shoah, au sein même de cet Etat hébreu, le foyer protecteur.
Je répugne à citer Adolf Hitler. Il aurait dit à ses généraux, le 22 août 1939, à la veille de l'invasion de la Pologne, une phrase rapportée par l'Amiral Canaris et souvent mentionnée depuis : "Qui se souvient des Arméniens?", en référence au Génocide de 1915.
Cette petite phrase, dont la véracité a été contestée par certains historiens, résonne tout particulièrement ces dernières semaines, par son cynisme prémonitoire. Elle vient également illustrer aujourd'hui le temps factice des médias, le temps mouvant de notre pensée immédiate.
Ces jours derniers, une internaute lançait sur X - ex-Twitter - cette petite phrase incisive: "Attendez-vous que l'Arménie soit effacée de la carte pour en parler?"
Les projecteurs se sont détournés de l'Arménie qui accueillait dès la fin septembre environ 120 000 personnes déplacées de force depuis l'Artsakh. Les médias occidentaux avaient pourtant fait le voyage de Yerevan avec la rapidité d'un essaim d'abeilles, fondant sur Goris, Kornidzor et Vayk, points d'accueil des réfugiés.
Mais la situation de l'Arménie reste plus que jamais préoccupante. Plus que jamais, car le tandem turco-azerbaidjanais ne perd pas de vue son objectif, pour mémoire "en finir avec le reste de l'épée", et "chasser les Arméniens comme des chiens".
Le 29 octobre dernier, le Président Erdogan a célébré en grande pompe le 100ème anniversaire de la République de Turquie, sur une immense place, écarlate d'une foule brandissant le drapeau de la nation. Drapé d'une écharpe aux couleurs palestiniennes, il a tonné avec véhémence contre l'Etat d'Israël et rappelé que la Turquie, elle, n'avait jamais été raciste. Toute mauvaise foi bue, il a proféré une injonction lourde de sens : "L'Occident, voulez-vous reprendre le combat entre le Croissant et la Croix?"
Si les médias mainstream concentrent désormais leur communication sur Israël où s'est ouvert le troisième conflit majeur aux marches de l'Orient, les réseaux sociaux bruissent d'informations, ou de rumeurs sur les lendemains de la République d'Artsakh.
En Artsakh, ce pays qui n'existe plus, subsistent peut-être quelques Arméniens invités "à s'intégrer à l'Azerbaidjan" par le régime de Bakou. Les journalistes ou représentants officiels - notamment deux missions de l'ONU dont les participants étaient triés sur le volet - conviés par Aliyev à se rendre sur place ont constaté, peu ou prou, que tout semblait normal. Une haute fonctionnaire européenne a décrit Stepanakert, aujourd'hui Khankendi, comme une ville fantôme. (Mais que l'on ne s'y trompe pas : Bakou prépare une méga-parade et rassemble en ce moment même tout son étalage de moyens militaires.) La visite guidée par les autorités azerbaidjanaises a soigneusement veillé à éviter les lieux de massacres, encore entachés du sang des Artsakhiotes éliminés sans distinction ni pitié. Toutes traces du départ précipité des habitants de la capitale de l'Artsakh ont été effacées - plus de chaises, ni de vélos, ni de jouets oubliés sur la grande place du Parlement quand les Artsakhiotes attendaient, parfois des nuits entières, le bus ou la voiture qui les emmènerait à l'abri en Arménie. Des personnels de la Croix-Rouge parcourent les villes et bourgades à la recherche d'Arméniens encore sur place - ainsi, quelques personnes âgées ou malades ont pu être prises en charge et amenées en Arménie. Très peu d'Arméniens ethniques sont restés. Les autorités ont confisqué leurs passeports. D'après diverses sources, ils seraient soumis à des brimades et une surveillance de tous les instants de la part du régime de Bakou qui avait pourtant assuré au monde entier que les Arméniens du Nagorno-Karabakh seraient "intégrés à l'Azerbaidjan".
Depuis la guerre-éclair du 19 septembre 2023, des vidéos postées par les Azerbaidjanais font principalement état de destructions: on y voit des soldats en treillis arracher des panneaux indicateurs portant des inscriptions en arménien, ou des soudards abattre à la mitraillette du bétail et des animaux familiers dans des villages, ou un individu visiblement peu musicien, et encore moins respectueux, marteler avec frénésie les touches d'un piano dans un logement déserté par ses habitants. D'autres de ces vidéos - elles pullulent sur les chaînes telegram - capturent le triste spectacle d'une soldatesque hilare, appliquée à casser et fracasser, ici un petit lit et les jouets d'une chambre d'enfant, là des assiettes piétinées sur les marches d'un escalier. Toujours ces exactions sont accompagnées du mépris le plus total, des cris et des rires des vidéastes amateurs. Ces hommes sont le visage de la barbarie la plus bestiale.
Depuis l'exode forcé de la population artsakhiote, on a appris qu'environ 46 hommes sont détenus dans les geôles de Bakou. Parmi eux, Vazgif Khatchatryan, intercepté peu avant l'attaque azerbaidjanaise, arrêté tandis qu'il se rendait à Yerevan, accompagné par la Croix-Rouge, afin de recevoir des soins médicaux. Il a déjà comparu devant une cour de justice pour un simulacre de procès. Un autre homme, également sexagénaire, Madan Babayan, apparaît sur des photos, tandis que, menotté, il parcourt les hauteurs de Khodjaly où il désigne - sous la contrainte - les lieux du massacre éponyme, sur lequel toute la lumière n'a pu être faite, mais dont la propagande azerbaidjanaise s'est longuement saisi. D'autres hommes de la génération de ces vétérans de la première guerre du Nagorno-Karabakh sont également captifs.
Tout aussi saisissant est le maintien en détention de huit anciens dirigeants de la République d'Artsakh, dont trois anciens présidents, notamment Arayik Harutyunyan, et le très connu philanthrope et multi-millionnaire Ruben Vardanyan - co-fondateur du Prix Aurora, qui a exercé les fonctions de Ministre d'Etat durant trois mois. Tous ces anciens dignitaires semblent avoir été jugés et condamnés à de longues peines de prison, sous des chefs d'accusation imprécis et fabriqués sur mesure pour les besoins de la cause azerbaidjanaise. A ma connaissance, personne n'a pu les rencontrer sur place. L'un d'entre eux, dit-on, mais cela n'a pas été confirmé, serait décédé à la suite de mauvais traitements.
Notons aussi qu'aucune voix ne s'est élevée dans la Communauté Internationale pour exiger leur libération, ni d'ailleurs la libération des autres prisonniers.
Ci-dessous, cependant, Noubar Afeyan, PDG de Moderna, s'exprime à ce sujet au micro de Christiane Amanpour, présentatrice emblématique de CNN.
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Moderna Chairman Noubar Afeyan talks to Christiane Amanpour about the mass exodus of ethnic Armenians from Nagorno-Karabakh.
En Arménie, la vie s'organise peu à peu autour des personnes déplacées de force. Lors de la guerre de 44 jours à l'automne 2020, nombre d'Artsakhiotes s'étaient réfugiés en Arménie chez des parents et amis, d'autres avaient été hébergés dans des hôtels ou des locaux mis à disposition. Cette fois, il a fallu intégrer en quelques jours un réel afflux de personnes sans perspective réaliste de retour chez eux. Certains connaissent encore des situations précaires et provisoires, et toutes sortes de problèmes se posent à ces familles déracinées, notamment au niveau de leur citoyenneté et de leur situation financière, car ils ont tout perdu. Le gouvernement arménien fait face en attribuant des aides financières aux personnes déplacées, mais aussi aux particuliers qui les accueillent, car il n'est pas aisé d'héberger durablement chez soi, de manière impromptue, une famille de six ou quatre personnes. La pression immobilière est durement ressentie, tout l'habitat disponible a été mobilisé. De nombreux réfugiés ne peuvent demeurer à Yerevan, où les prix des loyers se sont envolés. Même à Abovyan, par exemple, les locations sont rares et chères. Dans cette petite ville facilement accessible par les lignes de bus de Yerevan, un propriétaire peu scrupuleux loue, pour l'équivalent de 700€, deux pièces sans fenêtre, dans un état insalubre. Ce n'est malheureusement pas un cas isolé.
Les enfants souffrent particulièrement de ce déracinement soudain, après neuf mois d'un blocus inhumain, qui n'a suscité que très peu d'intérêt de la part de la Communauté Internationale (qui est la Communauté Internationale, au fait?). Les médecins et personnels de santé sont tous les jours au contact d'enfants traumatisés, aux réactions nerveuses imprévisibles, même s'ils ont été très bien intégrés, avec une extraordinaire bienveillance, dans les écoles. Les adolescents et jeunes adultes ont la nostalgie de leur pays natal - cela se remarque chaque jour sur leurs rares posts facebookiens. Ainsi, une jeune fille de 19 ans que j'ai connue encore ado à Stepanakert, autrefois très active sur le réseau social où elle postait régulièrement des photos d'anniversaires, de fêtes et de copines, est devenue subitement adulte par la force des choses. Quelques clichés de la capitale de l'Artsakh trahissent sa nostalgie, son coeur si lourd d'avoir tout quitté.
Les parents, les personnes âgées, parfois très âgées, qui étaient nées là-bas comme leurs parents et leurs ancêtres depuis 2500 ans, sont résignés. Les moins vaillants ont sombré dans le mutisme, voire la confusion. Certains sont morts en arrivant. Marion Maréchal, qui vient de se rendre en Arménie et a eu l'occasion de rendre visite à des réfugiés à Massis, notamment les parents de Mikayel et Nver, ces enfants sauvagement massacrés, a été impressionnée par les regards vides des personnes rencontrées.
Les statistiques de cette guerre-éclair précisent que 64 personnes sont mortes pendant ce si long trajet de Stepanakert à Kornidzor, fautes de soins, sous l'effet de la peur et du stress, traumatisées par le choc d'avoir dû tout quitter, si vite, sans comprendre. Là encore, les effets du blocus - auquel les puissants de ce monde n'ont pas su réagir concrètement quand il était encore temps - sont tangibles: les médecins rapportent des pathologies nées de, ou aggravées par de lourdes carences nutritionnelles. Nombre de grossesses n'ont pu parvenir à terme, la mortalité périnatale est en hausse, et les patients suivis pour des pathologies chroniques n'ont pu accéder aux soins dont ils bénéficiaient avant le blocus, faute de pouvoir se rendre en Arménie dans les unités où ils étaient pris en charge.
Pour résumer: tout ce que les Israéliens rapportent au sujet des pogroms de Kfar Haza, de Beeri, et des autres kibbutzim attaqués par le Hamas, les Artsakhiotes des villages autour de Martakert, ou de Shushi, l'ont vécu, exactement, de manière absolument identique, deux semaines auparavant.
Je livre ici le témoignage d'Armine Beglarian, assistante sociale, paru dans zeit.de, que je traduis de l'allemand en reprenant ses propos. L'original est consultable par le lien ci-dessous.
Nous avons prié pour que nous soyons sauvés ou tous bombardés.
Le 19 septembre, l'Azerbaidjan a attaqué la République de facto du Nagorno-Karabakh. La région est étendue sur environ cinq fois la superficie de Berlin et elle s'est trouvée sous blocus militaire durant dix mois. La population arménienne a souffert de la faim. L'électricité et le carburant n'étaient fournis que très parcimonieusement. Après l'offensive militaire, le gouvernement azerbaidjanais du Président Ilham Aliyev a fait savoir que la région serait "réintégrée" à l'Azerbaidjan. Environ 200 Arméniens ont été tués lors des combats, des centaines ont été blessés. Le 20 septembre, on a appris la dissolution de l'Artsakh. L'Arménie reproche à l'Azerbaidjan d'opérer une "épuration ethnique". Armine Beglarian a 25 ans et a dû quitter, il y a quelque jours, comme 120000 Arméniens, son foyer du Haut-Karabakh. Elle raconte à ze.tt sa fuite vers Yerevan.
Devant la maison de ma famille à Martakert, il y avait partout de la fumée. Les Azéris n'ont jamais arrêté de tirer. Dans la nuit du 19 au 20 septembre, je me suis couchée toute habillée, en chaussures de ville dans mes draps blancs, prête à partir en courant à tout moment. J'avais mis dans un sac une Bible reliée en noir, une croix en or, un livre de prières, de quoi m'habiller et la clé de mon domicile. J'ai pris ma clé, parce que je l'emporte toujours quand je m'en vais. Je pensais que nous allions nous cacher dans la forêt comme en 2020, et revenir plus tard. Je n'ai même pas vraiment dit au revoir à notre maison. Depuis une semaine, je suis chez des parents à Yerevan. Depuis, je me sens comme une pierre, qui ne peut rien comprendre ni ressentir. Comme si tout cela n'était pas vrai, mais comme si c'était imaginé et ne pouvait correspondre à ma réalité. J'ai justement en permanence le sentiment de devoir me réveiller d'un cauchemar. Je n'arrive pas à réaliser que je ne retournerai jamais chez moi.
Pendant dix mois [depuis le 12 décembre 2022, NDLT], l'Azerbaidjan a bloqué le Haut-Karabakh. Il n'y avait presque rien à manger. C'est pour cela que j'ai organisé avec mes collègues un programme d'aide. Je suis assistante sociale. Le jour où les premières bombes sont tombées, ma collègue Gohar et moi étions dans la rue et distribuions du pain - pour lequel nous avions fait la queue pendant des heures - à des personnes qui ne pouvaient physiquement attendre, debout, si longtemps. Nous étions super contentes et pensions, c'est cool, nous pouvons vraiment apporter du pain à beaucoup de gens.
Ensuite, il y a eu deux explosions. Très vite, j'ai réalisé que quelque chose n'allait pas. J'ai remarqué qu'il y avait des tirs vers la frontières et vers notre maison. Notre maison se trouvait dans une région relativement sûre. Sur le chemin, nous avons prié comme des robots et imploré Dieu qu'il ne nous arrive rien. Les Azéris tiraient avec acharnement et je savais qu'il n'y avait pas moyen de partir, nous étions sous blocus. Les gens ont couru aux abris, les femmes enceintes en premier. Le seul abri à proximité était archiplein, donc je suis rentrée à la maison avec ma mère. Mes grands-parents, par chance, se sont tirés d'affaire. Ce jour-là il n'y avait ni lumière, ni électricité, ni réseau. Nous ne pouvions pas regarder les informations. Notre maison tremblait non-stop. Des projectiles sont tombés à 300 mètres de nous. Nous avons prié pour que nous soyons sauvés, ou au contraire tous bombardés ensemble, mais que personne d'entre nous ne soit grièvement blessé et que les autres ne sachent que faire. Le prêtre de notre église a sonné les cloches toute la journée pour nous donner l'impression d'être en sécurité. J'avais la chair de poule et j'étais transpercée par la peur. Nous avons tous commencé à prier pour qu'il n'y ait pas un génocide comme en 1915 et qu'ils nous éliminent tous.
Le lendemain, nous sommes allés à l'aéroport [de Stepanakert, NDLT] C'est là que se trouve la base des troupes russes dites de la paix. Il y avait déjà 60000 personnes sur une petite surface. Quand j'ai vu ces gens massés, j'ai eu instantanément peur qu'il ne s'agisse d'un piège. J'ai eu peur que quelque chose nous tombe dessus et que nous soyons aussitôt abattus. Mon frère était encore à Martakert et j'ai su que les Azéris étaient déjà dans la ville. On a dit qu'ils avaient massacré les gens. Pas avec des armes à feu, mais avec des couteaux. Nous avons vu de nouvelles videos en permanence. J'étais travailleuse sociale et nous étions subventionnés par des mécènes pour des projets. Mon frère a vu les Azéris décapiter l'un de nos mécènes et jouer au foot avec sa tête.
Je ne peux pas dire que j'ai surmonté tout ce que j'ai vu et entendu. Je ne peux toujours pas comprendre. Mais cela doit être une réaction de protection. Nous avons passé quatre jours à l'aéroport. J'étais comme paralysée, je ne sentais plus mes jambes. Nous n'avions presque rien à manger ni à boire. Nous ne savions pas ce qui allait se passer ensuite. Les soldats de la paix ne nous ont donné aucune réponse, ni rien à manger, tout juste ont-ils donné un peu d'eau. Le troisième et le quatrième jour, nous étions si mal que beaucoup de soldats russes de rang inférieur ont partagé avec nous, discrètement, un peu de leur ration. Quand ils nous ont donné ces aliments en boîte de conserve, j'ai ressenti, pour la première fois depuis des jours et des jours, quelque chose qui ressemblait à de l'humanité et je me suis mise aussitôt à pleurer.
Le mardi, nous avons fini par pouvoir partir vers 22 heures, en colonne d'environ sept voitures. Nous devions traverser la frontière. La nuit était horriblement froide, nous n'avancions que d'un mètre à la fois, et nous nous sommes répartis le carburant afin que personne d'entre nous ne tombe en panne devant les Azéris. Quand nous sommes partis en caravane à travers ce désert, je n'ai cessé de repenser à l'histoire de mes ancêtres, qui avaient été envoyés en 1915 avec leur valise dans ces marches de la mort. Je pensais que voilà que cela nous arrive, à nous aussi, au 21ème siècle. Les voitures autour de nous étaient pleines d'enfants qui n'arrêtaient pas de pleurer. Nous n'avions plus rien à manger ni à boire et ils pleuraient de plus en plus. C'était le chaos complet sur la route. Ceux qui conduisaient étaient tellement épuisés, c'était si dangereux. Sur le trajet, nous avons eu une crevaison et un accident. Mon petit neveu a alors eu une crise de panique et il n'a plus cessé de pleurer et de trembler.
Aux check-points, nous avons été harcelés par les Azéris. Des soldats nous ont ordonné soit de vider nos valises avec tout leur contenu par terre, ou de passer en voiture par un portique de détection par rayons, comme les installations dans les aéroports. Les hommes ont dû passer le check-point à pied et la tête baissée. Les Azéris les ont humiliés, surtout par leur regard. Le lendemain à 16 heures nous sommes arrivés à Goris, ville-frontière située à environ 100 kilomètres de l'aéroport. Des bénévoles nous attendaient. Ils avaient apporté des chocolats et des friandises pour les enfants. Le spectacle de ces enfants qui tremblaient quand ils ont pris le chocolat était la plus belle chose que je n'ai jamais vue.
Je cherche actuellement un logement et un travail à Yerevan. J'espère trouver quelque chose ici, la situation est extrêmement difficile, les loyers sont élevés. Si je pouvais faire un voeu, ce serait que les Arméniens du Haut-Karabakh ne soient pas éparpillés dans le monde entier comme à l'époque les Arméniens Occidentaux. Je souhaite que nous puissions vivre dans notre pays et parler notre langue et vivre notre culture, et que rien ne se perde comme cela a failli être le cas après 1915.
Je suis déçue par le manque de solidarité à notre égard. Depuis des années, et surtout ces derniers mois pendant le blocus, nous postons sur Internet et nous rendons compte de notre situation. Même mes amis non arméniens sont indifférents. Tout ce que nous voulions, c'était le droit de vivre, et les droits fondamentaux qui sont si naturels pour les autres."
Flucht aus Bergkarabach: "Wir haben gebetet, entweder gerettet oder alle zerbombt zu werden"
Mehr als 100.000 Menschen mussten aus Bergkarabach nach Armenien fliehen. Eine von ihnen ist die 25-jährige Armine Beglarian. Hier erzählt sie von ihrer Flucht.
https://www.zeit.de/zett/politik/2023-10/bergkarabach-flucht-armenien-gefluechtete-erfahrung
Quelles sont aujourd'hui les perspectives qui s'offrent à l'Arménie?
Quelques personnalités se sont rendues sur place, ont rencontré des personnes déplacées, et ont participé à des entretiens avec leurs homologues arméniens : Catherine Colonna, Ministre française des Affaires Etrangères, et Sébastien Lecornu, Ministre de la Défense, ont transmis les décisions d'aides financières et militaires - armements, intervention d'instructeurs français auprès de l'armée de la RA - de la part de la France.
Rima Abdul-Malak, Ministre française de la Culture, a demandé officiellement à l'UNESCO de pourvoir à la sauvegarde du patrimoine arménien en Artsakh et annoncé que 2024 serait l'année de l'Arménie en France. Mais nous savons déjà que le tombeau du petit-neveu de Grégoire l'Illuminateur à Amaras, monastère du 4ème siècle, a d'ores et déjà été profané et détruit par les troupes d'Aliyev. De toutes parts, nous savons que les liens d'intérêts qui unissent l'Azerbaidjan avec des entités telle l'UNESCO, voire le Vatican et l'UE, constituent un frein non négligeable à la sauvegarde du passé culturel arménien dans le Nagorno-Karabakh. Nous n'avons que trop vu les "travaux" sur la Ghazanchetsot, cathédrale de Shushi, la destruction totale de l'église Surb Hovhannes Mkrtich non loin de là, une autre église rasée, et l'église de Berdzor/Lachin transformée en mosquée, tandis que le narratif officiel azerbaidjanais s'approprie le monastère de Dadivank - "lieu ancestral des Udis".
Annalena Baerbock, Ministre allemande des Affaires Etrangères, était en Arménie ce 3 novembre pour annoncer une aide financière. Je retiens de son intervention devant le Conseil de Sécurité de l'ONU sa lucidité, sa détermination dans ses propos du 21 septembre 2023 quand elle a parlé avec honnêteté du sort des Artsakhiotes. Ce 4 novembre, lors de sa visite à Baku, elle a été reprise par son homologue azerbaidjanais quand elle a évoqué les noms arméniens de Shushi et Stepanakert.
Malgré ces marques de solidarité appréciées des Arméniens, il n'en reste pas moins que la petite république caucasienne se sent fort menacée et oubliée du monde.
Les rares géopoliticiens qui s'expriment soulignent un danger immédiat - une attaque imminente dans le Syunik figure parmi les risques les plus vraisemblables. Même le Département d'Etat américain l'a souligné par la voix d'Anthony Blinken, Secrétaire d'Etat. Des manoeuvres conjointes turco-azerbaidjanaises,au Nakhitchevan, un afflux d'armements sur les frontières ont été observés et l'alerte a été donnée par de multiples observateurs et experts bien avant les propos de M. Blinken.
Ci-dessus, une video d'Aram Mardirossian, qui s'exprimait très clairement et de manière réaliste au micro d'André Bercoff le 24 octobre 2023, et un lien vers l'alerte lancée par l'Institut Lemkin le 1er novembre, donneront une claire vision, peu optimiste, de la situation arménienne mise à jour.
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L'Arménie est-elle oubliée ? | Le fait du jour | Sud Radio
André Bercoff reçoit Aram Mardirossian pour parler de la situation en Arménie. Au milieu du contexte international que nous vivons actuellement, l'Arménie est-elle oubliée ?
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Red Flag Alert for Genocide - Azerbaijan in Armenia
The Lemkin Institute for Genocide Prevention is issuing a Red Flag Alert for the Republic of Azerbaijan in the Republic of Armenia, due to the alarming potential for an invasion of Armenia by ...
https://www.lemkininstitute.com/red-flag-alerts/red-flag-alert-for-genocide---azerbaijan-in-armenia